FLICKER

2007
Plexiglas
H120/L250/P250cm


Dans l’espace visuel et dans la sculpture, il n’y a pas de mesure. La sculpture ne s’appréhende pas vraiment par la géométrie, et quelles sont ses limites réelles ? Où commence l’intérieur et en quoi l’extérieur participe à ce que je vois, et jusqu’où ? Je peux décrire ce que je vois, mais cela ne suffit pas à donner l’idée de la sculpture, car l’environnement participe aussi à ce que la sculpture renvoie. La sculpture au contour circulaire est tronquée d’un bon tiers, la part absente reflète la configuration de la salle orthogonale du Grand Café, amputée par deux fenêtres qui forment un angle.

Quatre plaques en plexiglas incolore sont cintrées pour constituer des cercles concentriques de différend diamètres, ouverts d’un côté. Ils mesurent un mètre cinquante de haut. Pour les maintenir d’aplomb, une série de contreforts de la même hauteur sont collés soigneusement autour, au milieu, ou à l’extérieur de chaque plaque cintrée, à intervalles rapprochés réguliers. Le plus large de ces cercles mesure deux mètres cinquante de diamètre, les contreforts pointent vers l’extérieur. Les suivants sont collés, enfermés entre deux plaques, tandis que ceux du plus petit cercle se dirigent vers un point invisible, au centre de la figure géométrique ainsi formée.
Les trois constructions sont disposées par ordre croissant, à intervalles rapprochés, sur le même axe. D’un côté la figure tronquée de la sculpture présente à nous sa face largement ouverte au point que l’on peut pénétrer au centre de la sculpture, on a alors l’impression d’être au centre d’un cylindre coupé en deux. De l’autre côté, le cercle est clos. Par jeu optique, on a l’impression que le cercle n’est pas interrompu, il semble parfaitement rond et beaucoup plus large que ses mesures ne le suggèrent. Le tiers absent de la sculpture se reconstitue par réflexion de toutes les parties régulièrement disposées dans sa construction. Un cercle parfait apparaît alors.
J’ai appelé la sculpture Flicker parce que j’y reconnaissais l’impression de mouvement intermittent qui correspond au scintillement que l’œil perçoit en pivotant autour de son périmètre ; le jeu tournant des contreforts transparents interrompant la surface lisse du plexiglas rappelle les moments d’obturation entre les vingt-quatre images par seconde qui, dans un film, règlent la perception des images en mouvement.

FLICKER 2007 Plexiglass
H120/L250/P250cm
Private collection

In the visual space and in the sculpture, there is no measurement. Sculpture cannot really be apprehended with geometry, and what are its real limits ? Where does the inside start and how is the outside a part of what I can see ? How far ? I can describe what I can see, but this isn’t enough to give the idea of the sculpture, for the environment is also a part of what the sculpture refers to. The sculpture with a circular outline is truncated by a third, the missing part echoes the layout of the orthogonal room of the Grand Café, cut off by two windows forming an angle.

Four colourless plexiglas sheets are arched and make up concentric circles of different diameters, opened on one side. They are 150-centimeters high. In order to keep them steady, a series of buttresses of the same height have been carefully stuck around, in the middle, or outside each arched sheet, at regulars and closed intervals. The widest circle has a diameter of 250 centimeters, and the buttresses are pointed to the outside. The next ones are stuck, enclosed by two sheets, whereas the smallest circle’s ones are directed towards an invisible point, in the center of the geometrical figure thus formed.
The three constructions are arranged in ascending order, at close intervals, on the same axis. On one side, the truncated figure of the sculpture shows its face, so wide open that one can enter in the centre of the sculpture, and has the impression of being in the centre of a cylinder cut in two. On the other side, the circle is closed. In an optical illusion, one has the impression that the circle is unbroken ; it seems perfectly round and much wider than its actual measurements. The missing third of the sculpture is rebuilt in the reflection of all the parts regularly arranged in its construction. A perfect circle then appears.
I called the sculpture Flicker because I had this impression of an intermittent movement, corresponding to the flickering the eye can detect by pivoting around its perimeter. The swivel set of the transparent buttresses breaking off the smooth surface of the plexiglas recalls the moments of shuttering between the 24 images per second that, in a film, adjust the perception of moving images.