BUMP PIECE

2007
Résine
Perchman H175cm - Perche L500 cm
Installation Musée du Louvre


Contrepoint de la sculpture,
département des sculptures du musée du Louvre, Paris.

Pour le troisième numéro de ‘Contrepoint’, Marie-Laure Bernadac, commissaire de l’exposition, a sélectionné les salles de la sculpture française, j’ai choisi la cour Marly pour concevoir une nouvelle œuvre. Deux remarques me sont venues à l’esprit dès le commencement : les sculptures royales d’Antoine Coysevox et de Guillaume Coustou sont présentées de face et partiellement collées à l’architecture de la cour, comment alors tourner autour ? Le visiteur les voit du premier regard dès l’entrée. La grande verrière suggère l’espace extérieur des parcs royaux, l’agencement de la cour en terrasses superposées donne de l’ampleur, de la profondeur et aménage des points de vue multiples sur cet ensemble de marbres tous présenté face aux spectateurs. J’avais d’abord souhaité retourner toutes les sculptures, dos au public. En sculpture, tous les côtés sont utiles. Au Louvre pour des questions de sécurité elles sont collées au mur ; nous les voyons de face, rien ne nous oblige à aller voir ‘derrière’. En les retournant, un espace plus grand était aménagé derrière elles de sorte que l’on pouvait les voir de face avec assez de recul pour les regarder.
Placer les sculptures de dos permet d’aller voir, de faire un déplacement physique tout en continuant à penser ; on prend plus de temps et c’est nécessaire pour saisir l’acte artistique complet. Le visiteur devient actif, l’arrière des sculptures, en mouvement, nous invite à tourner autour. La seconde remarque qui me vient à l’esprit c’est la qualité de la lumière dans cette immense cour vitrée très haute, qui empêche presque toute intériorité et qui génère du bruit.
L’idée de faire une sculpture figurant un preneur de son s’est conjugué à quelque chose de très simple : les sculptures du parc de Marly ont toutes une gestuelle précise et élégante représentant une allégorie. La sculpture et spécifiquement la statuaire, c’est aussi la représentation d’un geste, un geste qui parle et qui dit ce qu’il représente. Un perchman en fonction, c’est d’abord une série de postures très précises qui associent la force, la souplesse, et la précision ; le silence aussi est nécessaire pour accomplir ce travail. Situé au milieu de l’ensemble des marbres Amphitrite, Neptune, la Seine et la Marne, le perchman en résine peint est présenté dos au public. Un cordon de sécurité placé devant les cinq sculptures définit l’espace ‘au travail’.

Note by Elisabeth Ballet