BANDE À PART

2000/02
Aluminium, béton cellulaire
H80/L700/P550cm


J’ai intitulé l’exposition Vie privée et la sculpture Bande à part. Ces deux titres empruntés à Jean-Luc Godard et à Louis Malle sont venus à moi, par analogie, avec le sujet de la vidéo Schlüterstrasse tournée à Berlin et elle est centrale dans l’exposition : je filme à travers la fenêtre de mon appartement, un homme qui vit en face de moi, de l’autre côté d’une cour. Filmer mon voisin me rappelait immanquablement un autre film d’Alfred Hitchcock Fenêtre sur cour, un homme en observe un autre dans face à face dangereux.
Je n’ai pas conçu cette exposition comme une installation, mais comme un montage cinématographique : chacune des six salles montre plusieurs séquences mises bout à bout, et si chaque salle se présente au regard comme un univers spécifique, un fil conducteur unifie l’exposition.
Une barrière en aluminium est associée à une construction en parpaings. Lors de sa première présentation à New York, la barrière (qui s’appelait alors Mouth) était vissée dans le mur. Montrée à Londres pour mon exposition intitulée Bande à part, je lui associais une construction en parpaings gris qui la désolidarisait des murs de la galerie. Au Carré d’Art, les parpaings sont blancs, les dalles de marbre du musée sur lesquelles la pièce est placée ont été retournées et relogées dans la menuiserie métallique originelle, de sorte que leurs revers en acier zingué apparaissent. La tonalité argentée de la barrière en aluminium reflète ce qui l’entoure, elle mêle ses reflets avec ceux du sol. La consistance poudreuse et la blancheur des parpaings les dissous dans la blancheur du mur.
L’enclos fait barrière au franchissement d’une portion de la salle sans l’obstruer. Les rangs de parpaing empilés dessinent un entrelacs, ils engendrent, en se croisant, une nouvelle composition d’espaces interne à la sculpture indépendante de l’architecture du musée.

BANDE A PART 2000/02
Aluminium, breeze blocks
H80/L700/P550cm
Collection FRAC Basse-Normandie

I have called the exhibition Vie privée and the sculpture Bande à part. These two titles taken from Jean-Luc Godard and Louis Malle occurred to me by analogy, with the subject of Schlüterstrasse video which I had shot in Berlin and which is the centrepiece of this exhibition : I film through my apartment window, a living across the yard from me. Filming my neighbour reminded me of another movie, Alfred Hitchcock’s Rear Window, in which a man watches another in a dangerous confrontation. I did not design this exhibition as an installation, but rather as a film montage : each of the six rooms presents several sequences placed end to end, and while each room appears to the eye as a world of its own, there is a single thread running through the entire exhibition.
An aluminium barrier is associated with a breeze block construction. When it went on show for the first time in New York, the barrier (it was called Mouth) was screwed into the wall. When I showed it in London for my Bande à part exhibition, I put it together with a grey breeze block construction to disassociate it from the gallery walls. At the Carré d’Art, the breeze blocks are white, the museum’s fine marble floor tiles on which the piece stands were turned over and reset in the original metal frame, to show the galvanized steel back. The silvery tone of the aluminium barrier reflects its surroundings, it mingles its reflections with those of the floor. The powdery texture and whiteness of the breeze blocks blend them in with the wall.
The enclosure acts as a barrier to crossing one part of the room without concealing it. The piled-up rows of breeze blocks form an interlacing ; as they cross each other they create a new composition of internal space within the sculpture, which becomes completely independent of the museum architecture.

Notice FR/GB